Les coûts sans les avantages : en Lorraine, Longwy demande au Luxembourg de payer pour les travailleurs transfrontaliers
Longwy, en Meurthe-et-Moselle, dont 43 % des actifs travaillent de l’autre côté de la frontière, demande au Grand-Duché de l’aider à financer ses services publics engorgés.
Vincent Hamen, le maire de Longwy (Meurthe-et-Moselle), devant l'une des neuf écoles de sa ville étouffées par les charges alors que le Luxembourg capte une partie de la vie économique. LP/Doris Henry
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Refuser d’accueillir des enfants aux activités périscolaires, Vincent Hamen, le maire de Longwy (Meurthe-et-Moselle) ne peut le concevoir. Pourtant, chaque année, il est confronté à des effectifs qui ne cessent d’augmenter. « Et nos murs ne sont pas extensibles ! Assurer cette mission devient de plus en plus difficile » concède-t-il.
« À la rentrée 2025, nous avions 75 élèves en moins, mais des effectifs qui ont grimpé de 30 % dans le périscolaire », détaille-t-il. Il ne dispose pas encore des chiffres exacts pour la prochaine rentrée, mais il s’attend à la même tendance. Longwy, ville de 15 600 habitants, compte 43 % d’actifs travaillant au Luxembourg voisin.
« Le Grand Duché attire l’activité économique, mais nous, nous avons l’habitat et les services à la population que les travailleurs frontaliers utilisent. » C’est justement là que le bât blesse. Des travailleurs qui ont besoin d’un service périscolaire très tôt le matin, et jusqu’à tard le soir, et c’est la ville de Longwy qui n’arrive plus à suivre.
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Raison pour laquelle la semaine dernière, la présidente du département de Meurthe-et-Moselle, s’est emparée du sujet sur place, en demandant officiellement une compensation financière au Luxembourg, en compagnie aussi du maire de Trêves, ville allemande également frontalière du Luxembourg, qui connaît les mêmes problématiques liées aux déplacements pendulaires des frontaliers.
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« Il peut y avoir des tensions »
« Puisque ces sujets sont communs, autant mutualiser nos forces entre le nord lorrain et cette partie de l’Allemagne. Nous voulons être accompagnés par le Luxembourg, pour qu’ensuite nous, en tant que collectivité locale, nous puissions financer les investissements nécessaires afin que nos habitants vivent bien », assure la présidente du département de Meurthe-et-Moselle, Chaynesse Khirouni.
Quelques projets transfrontaliers ont bien été cofinancés, notamment en matière de transport, et de parkings. Mais les élus voudraient aller plus loin, en demandant d’importants moyens pour une visibilité à long terme. « Nous devons pouvoir développer harmonieusement nos services, et aller plus loin qu’un simple financement de parking », développe le maire de Longwy, Vincent Hamen qui se dit inquiet par la crispation perçue chez ses administrés.
« En termes de cohésion de la ville, je ressens de plus en plus de distance, de fossé, entre la population frontalière qu’on ne voit pas la journée, et les autres, ceux qui restent en ville la journée. Il peut y avoir des tensions. » En plus de la compensation financière demandée au Luxembourg, Vincent Hamen réclame la nomination d’un délégué interministériel français qui se saisirait de ces problématiques. « La relation doit se faire d’État à État, ce n’est pas à nous, commune ou département d’aller porter ce combat. Nous expliquons nos difficultés, nous mutualisons nos forces, mais cela maintenant n’est plus à notre niveau que cela va se jouer. À la France, de se saisir de ce sujet. »
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