Afin de prendre en charge les travailleurs frontaliers français, «il va falloir que, côté luxembourgeois, ils créent des services nationaux de l'emploi», glisse Jean-Pierre Farandou, le ministre français du Travail. «Au total, l’enjeu pour l'Unédic (NDLR: l'organisme qui gère le régime d'assurance chômage en France) représente 860 millions d’euros d'économies par an».
Margaux Baltus
En visite jeudi à l'agence France Travail de Thionville-Manom, le ministre a insisté sur le fait que le futur règlement européen, qui entrera en vigueur en septembre, «fera en sorte qu’un frontalier qui a travaillé dix ou quinze ans au Luxembourg, et qui aura payé ses cotisations de chômage au Luxembourg, soit pris en charge par le service de l’emploi luxembourgeois».
«J'ai demandé à France Travail de leur tendre la main»
Optimiste, Jean-Pierre Farandou ajoute: «Je suis convaincu qu’en cinq ans, nos amis luxembourgeois seront en capacité de bâtir un service de l’emploi luxembourgeois. On est prêts, d’ailleurs, à les aider. J’ai demandé à France Travail de leur tendre la main. Et pourquoi pas envisager une agence commune?»
«C'est un très gros enjeu», souligne Sébastien Collonges, directeur de l'agence France Travail de Thionville-Manom. «Il y a un triple impact: accompagner les demandeurs d'emploi frontaliers de façon plus intensive, sécuriser leurs droits, notamment au niveau de la fraude, et enfin, le recouvrement de trop-perçus lorsqu’ils sont détectés.»
Plus enthousiastes que le gouvernement luxembourgeois, «les syndicats luxembourgeois sont très contents de cette démarche, qui va faciliter le travail, la coopération internationale», note Sébastien Collonges. Car, conclut-il, «France Travail n’a pas l’information ou a peu d’informations sur les offres d’emploi au Luxembourg».
Chômage frontalier: Vers une agence commune de l'emploi franco-luxembourgeoise?
Le Luxembourg va devoir prendre en charge les indemnités chômage des frontaliers français.