Oui, en 2026, la question se pose encore. Comment une entreprise peut-elle optimiser ses réseaux sociaux pour en tirer profit? Ce mercredi, la Chambre de commerce réunit un certain nombre d'acteurs pour la conférence «Du scroll à la croissance: comprendre et exploiter l’économie des réseaux sociaux au Luxembourg». Même si le pays affiche un taux d’usage des réseaux sociaux parmi les plus faibles d’Europe (45,9%), ils sont devenus des leviers stratégiques pour les entreprises. «Celles qui sauront intégrer ces plateformes dans leurs modèles disposeront d’un avantage concurrentiel décisif», explique une étude sur la question, publiée par la Chambre de commerce ces derniers jours.
D’abord conçus comme de simples plateformes d’échange, ils sont aujourd’hui au cœur de l’opinion, des stratégies commerciales, des politiques publiques. «À l’échelle mondiale comme locale», relève la Chambre de commerce. 76,7% des entreprises dans le monde estiment que les réseaux sociaux joueront un rôle de plus en plus important dans leur activité économique dans les années à venir: «En 2023, les activités des PME sur TikTok ont généré 4,8 milliards d’euros de PIB et soutenu plus de 51 000 emplois pour les seuls cinq pays que sont la France, la Belgique, l’Italie, l’Allemagne et les Pays-Bas.»
«Anticiper les tendances du marché»
Au Luxembourg d'avoir sa part du gâteau, mais comment faire? «L’effet de réseau stimule la croissance», répond l'étude. Les réseaux sociaux «occupent une place centrale dans le recrutement et la valorisation de la marque employeur (...) Ils constituent un outil stratégique de veille et d’innovation, permettant d’anticiper les tendances du marché». Cela se reflète dans les budgets marketing des entreprises. Au niveau mondial, 36% d’entre elles avaient prévu, en 2025, d’augmenter leurs investissements sur les réseaux sociaux.
Le marché mondial du «social commerce» (NDLR: les achats directs via les plateformes) devrait, lui, passer de 547,8 milliards de dollars en 2025 à près de 1 000 milliards en 2035. Dans le tourisme, 86% des voyageurs mondiaux sont influencés par les réseaux sociaux. Au Luxembourg, LinkedIn arrive en tête avec une portée publicitaire potentielle de 470 000, suivi de très près par Snapchat, avec 465 000. Facebook (313 000), Reddit (312 000) et Instagram (290 000) constituent des leviers stratégiques complémentaires.
Au Luxembourg, LinkedIn arrive en tête avec une portée publicitaire potentielle de 470 000.
Au Luxembourg, LinkedIn arrive en tête avec une portée publicitaire potentielle de 470 000.Photo prétexte Pexels
Une «culture luxembourgeoise»
«Chaque plateforme a ses codes, ses formats et ses objectifs. Une stratégie efficace repose donc sur la capacité à personnaliser le message et le ton en fonction des attentes spécifiques de chaque audience», suggère l'étude. Mais cela demande parfois de casser certains codes. «La culture luxembourgeoise valorise la discrétion et la confidentialité, freinant l’exposition publique et privilégiant les interactions hors ligne», analyse la Chambre de commerce.
«La taille réduite du marché et les habitudes locales favorisent des échanges directs dans des cercles restreints, par exemple lors de réunions informelles dans des cafés, des clubs privés ou des associations professionnelles, où les discussions se font en face-à-face plutôt que sur des plateformes de masse.»
Entreprises au Luxembourg: Un «avantage décisif» pour celles qui savent utiliser les réseaux
Et si le scroll devenait un levier de croissance pour les entreprises? La Chambre de commerce réunit des experts pour mieux exploiter l’économie des réseaux sociaux.